Video de mon discours à Taïwan

Ci-dessous le lien de la vidéo du discours en anglais ( 5 à 15 minutes pour charger):




Lausanne, juin 2009.

Regardons de plus près à l'intérieur de la machinerie de la démocratie moderne

(traduction du discours de la vidéo)

Bonsoir,

En espérant que vous excuserez mon anglais imparfait, je voudrais d’abord féliciter l’idée d’un symposium autour de question aussi importante que celle dont on a débattu cette semaine. Aussi je voudrais remercier tous les organisateurs de ces conférences. J’aurai beaucoup à dire durant ce quart d’heure dont je dispose mais j’essayerai ici de raccourcir au mieux mes opinions pour entrer dans le temps qui m’est imparti.

J’ai choisi de vous parler aujourd’hui de l’évolution de ma pensée depuis la lettre pour Obama et le contexte dans laquelle elle a été écrite. Je ne connais pas beaucoup le régime politique et social de Taiwan, donc, je parlerais ici, pour ne pas être généralisateur, de la politique occidentale générale en vous laissant faire des parallèles avec votre politique. En effet, je voudrais poser la question de la démocratie. Comment fonctionne la démocratie dans nos pays ? Ou plutôt comment la politique arrive à pratiquer son pouvoir, tout en nous faisons croire en notre participation ?

Mais voyons ce que dit le dictionnaire de ce terme :

La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues à la naissance, la richesse, les compétences, le sexe, la race…

Je n’ai pas besoin de dire que cette démocratie n’existe pas, cette définition est purement idéologique. C’est un euphémisme d’une rationalité par les nouveaux rois, que sont les politiques mais surtout les dirigeants riches des multinationales ! Notre participation à cette démocratie est illusoire et sert surtout comme validation à ce totalitarisme presque invisible tellement il est encré à l’intérieur de nos vies. La démocratie exclu toutes singularités et elle prône le conformisme majoritaire, en ce sens, elle est « médiocratie ».

J’ai avec moi un document très intéressant qui représente bien mes propos. J’ai là, la lettre de vote d’un référendum dit « populaire » italien qui s’est déroulé en juin dernier. Cette feuille représente bien concrètement ce qu’est notre participation dans cette démocratie : une feuille hiérarchisée par sa disposition où les cases de notre réponse se limitent à un oui ou à un non de 5 centimètres chacune sous un embouteillage de phrases qui ne veulent absolument rien dire. Je vous lis seulement le titre de ce référendum, qui encore une fois est dit « populaire » : «Abrogation de la possibilité de lien entre listes et attribution d'une prime de majorité à une coalition de listes».Un ami italien diplômé en science politique a été lui aussi consterné de voir qu’il n’avait pas les outils nécessaires à comprendre les enjeux et les implications concrètes d’une telle loi dite populaire. Ma mère n’arrivait même pas à lire tellement ces écrits étaient petits et incompréhensibles. Face à ce petit bout de papier de couleur mon ami et moi comprenions l’absurdité effective de notre citoyenneté.

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Nous comprenions comment nous étions secondaires et presque invisible face à un pouvoir qui simule d’être sociale. Je vous montre là, un document italien en sachant bien que ce référendum signifie déjà une chance pour le peuple de s’exprimer. Cependant ce référendum permet bien d’illustrer « la farce démocratique » qui assimile la petite croix mise sur un petit bout de papier à une appropriation faussée du pouvoir par le peuple. On peut bien rigoler, lorsque l’on voit qu’en 2004 le peuple américain, pour donner un exemple, avait le choix entre deux personnes sortant de la même école. En une phrase, la démocratie effective se résume par la consommation hâtive d’un choix bipolaire mais pourtant, belle et bien, unique. Excusez-moi d’appeler cela, à son juste nom, le « néoféodalisme » ! Oui, indéniablement nous nous dirigeons vers une société à deux vitesses, une stratification de la société et cela sous le slogan édulcoré de la mondialisation et du néolibéralisme. Une société qui depuis déjà longtemps roule à l’envers en faisant, par exemple, de l’économie une machine déshumanisée à pauvreté, de l’école une caserne de fabrication du consentement. Et cela, afin qu’une minorité de personne, je veux dire les personnes riches, puisse vivre en liberté sans aucune culpabilité envers leurs vanité. Voilà ce que l’on appelle le « New World Order ». Un plan où les riches s’amusent à être toujours plus riches et où les pauvres travaillent toujours plus pour pouvoir payer toujours plus les taxes pour acquitté la consommation effrénée de leurs supérieurs. Vous, vous demandez peut être comme moi, comment cela est t’il possible au 21e siècle ?! Mais mesdames messieurs, regardons un peu autour de nous. Les sociétés dites avancées encouragent t’elles la prise de position, encourage t’elle la conscience civile, la responsabilité dans ses choix ? Ou bien, voulons-nous avoué qu’elle ne fait qu’entretenir chez le peuple la dépendance, l’ignorance et la médiocrité ? Comment pouvons-nous espérer de la conscience lorsque nous sommes quotidiennement assommés par des médias dirigés par leurs taux d’audience ?! Bien sûr que chacun de nous préfère être confortablement assis devant des conneries à rire, que debout actif et participatif ! Vous comprenez bien, que les dirigeants profitent pleinement de ces âneries consommées. Mais pendant ce temps la vie avance et nous, peuple, qu’avons-nous fait réellement pour nous ? Pour nos idéaux ? Pourquoi continuer dans cette voix, à chercher se qui pourrait encore divertir les gens. Bien sûr que l’on pourrait aller plus loin avec la technologie, avec la science, avec les inventions. Mais est-ce là, le sens de nos vies ? Ne voit-on pas que nos dirigeants nous prennent par derrière car ce n’est vraiment pas difficile de créer de la passivité, certes oui, l’écoute, l’échanges, la vrai démocratie est plus difficile. Donc, pour revenir aux votations et donc à la société dite démocratique, je le répète les votations ne sont que des appâts pour des gens ignorants de bonne foi croyant en leur nationalisme et surtout content de ne pas avoir à se préoccupé des autres. Oui, la démocratie actuelle, est un modèle d’égoïsme et d’individualisme. Les votations sont des questions fermées et obsolètes qui nous demandent si l’on préfère recevoir des claques ou des poings !

Où je veux en venir c’est que ce ne sont pas les politiciens qui nous aident mais plutôt nous qui les aidons ! Ne nous trompons pas, nous les aidons à tenir leurs rôles de pantins dans une société aux pouvoirs "spectacularisés". Le vrai pouvoir ne se trouve pas là, la politique est une diversion. Le pouvoir effectif se trouve plus dans le Coca-Cola que nous buvons !

Mais Heureusement et par marque de progrès en Europe aujourd’hui nous vivons le plus haut taux d’abstention aux votations. Les gens commence enfin à en avoir marre de lécher le fouet à leurs maitres ! Mais pourtant, chers gouverneurs, ne vous faites pas de souci cette abstention, est normale !

Vous l’avez compris, ce que je montre du doigt par cette lettre et ce discours c’est notre manque de participation à la vie de société. Une des causes à cela, c’est notre « individualisme résigné » vendu par la société du spectacle. Ce narcissisme est sociétal, il nous renferme sur nous même dans une spirale sans fin nous menons à la mort sans que l’on est pris conscience de la vie. De plus en plus de monde, se sensibilise à l’écologie, au développement durable… Mais cher amies, amis, étudiants, professeurs, ce n’est pas la planète qu’il faut sauver aujourd’hui mais bien l’humanité ! Et ce n’est pas uniquement en changeant nos habitudes de consommateurs que nous allons sauver notre humanité. La crise soulignée continuellement par les dirigeants n’est en fait qu’une stratégie bien organisée visant l’uniformisation et le conformisme à une valeur unique globale et contrôlée. Nous ne devrions pas accepté que ce problème et ses solutions imposées nous fassent perdre ce qui nous rend humain et singulier. En ce sens, j’encourage une réappropriation par le peuple de cette crise pour en faire un tremplin pour des nouvelles politiques qui puissent favoriser et non détruire les singularités, j’appelle à notre participation active. Je veux dire, notre participation dans une société, nous devons redevenir des « être au monde » et non pas des « être pour nous », c’est en tant qu’humain parmi humain que l’on doit réorganiser les échanges.

Voilà ce qui introduit bien mon initiative de lettre au président qui porte le titre d’«Appel de reconsidération globale». Je voudrais toute suite éviter un malentendu possible avec ce terme de globale, qui pourrait faire penser que je suis pour une mondialisation. Ma lettre prône la singularité, l’indépendance. Si je parle de reconsidération globale en m’adressant à Obama, c’est que je veux questionner ce terme en le dirigeant plus vers un «laisser-libre global ». Je suis contre tout impérialisme. L’instauration d’organisation mondiale comme l’ONU, le FMI, la banque mondiale, l’OMC, le CFR montre comment les Accords de Bretton Woods et des pays comme l’Angleterre et l’Amérique, dessine le croquis d’un monde où le pouvoir sera centralisé et où les diversités, je veux dire ce qui fait la beauté de ce que nous sommes, seront pulvérisés par un modèle standard. C’est à nous, le peuple de trouver des solutions qui contre le pouvoir du capitale.

Taiwan a des potentiels, par ce symposium, Taiwan montre des possibilités d’ouverture et de réflexions. Il est essentiel de donner parole à l’adulte de demain, aux jeunes. Il est essentiel de ne plus se baser sur les acquis et validations dites normales. Ce millénaire sera celui des requestionnements. Un millénaire où le paraître et l’avoir sera remplacé par « l’être ». Nous… Je veux dire la jeune génération devant prendre en main cette réalité pour la rendre multiple. La question du thème que j’avais était, pour résumer, bonheur ou misère? Je réponds Action! Taiwan doit insister pour sa liberté, et se rendre capable de devenir, un jour non pas un modèle de démocratie similaire à l’occident, mais bien l’initiateur d’une nouvelle politique. Celle de la liberté, de la singularité et de la participation. En ce sens, j’encourage les étudiants à réfléchir leurs engagements dans la société, leurs consciences globales et leur responsabilité face à l’état de notre monde. Ensemble nous pouvons donner un sens au changement.

Je vous remercie pour votre écoute et je finirais ce discours par la lecture de la définition de totalitarisme dans le dictionnaire.

Le totalitarisme est le système politique des régimes à parti unique, n'admettant aucune opposition organisée, dans lequel l'État tend à confisquer la totalité des activités de la société. Un régime totalitaire tente de s'immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée, en imposant à tous les citoyens l'adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la communauté. Les caractéristiques habituellement retenues pour caractériser le totalitarisme sont : une idéologie imposée à tous, un parti unique contrôlant l'appareil d'État, dirigé idéalement par un chef charismatique, un appareil policier recourant à la terreur, une direction centrale de l'économie, un monopole des moyens de communication de masse et un monopole des forces armées.


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