Qu'est-Je ?
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Il faut comprendre que le "Je" n’est pas donné d’avance. Il est l’effet d’une production de soi. L’individualité est une composition. Il faut entendre composition, non comme un résultat figé, mais comme un processus en perpétuel devenir. Au sein de cette composition jouent un certain nombre de forces qui tantôt se conjuguent, s’associent, tantôt se subjuguent, tantôt se parasitent et s’exploitent, tantôt influent ou refluent les unes sur les autres, en filets ou en faisceaux.

"Que Je ne soit pas un autre. Que jamais il ne le devienne. Voilà la stratégie de fond d’un gouvernement moderne […]. Se libérer, ne croyez surtout pas que c’est être soi-même. C’est s’inventer comme un autre que soi. Autres matières : flux, fluides, flammes… Autres formes : métamorphoses. Déchirez la gangue qui scande "vous êtes ceci", "vous êtes cela", "vous êtes….". Ne soyez rien : devenez sans cesse. L'intériorité est un piège. L'individu ? Une camisole. Soyez toujours pour vous-mêmes votre dehors, le dehors de toute chose. [Damasio, La zone du dehors, pp.11-12]".

Ce soir encore, tu restes à l’image de ton père, le haut fonctionnaire de ton corps forclos. Mais demain, tu seras quelqu’un d’autre, crois-moi, on ne te reconnaîtra plus ! Des clameurs vont te monter à la bouche, comme du jus !

MONSIEUR LE PRÉSIDENT NOUS A DIT

« Ce qu’il y a d’extraordinaire chez les révolutionnaires que j’ai rencontrés, Monsieur, c’est que, comme vous, ils voient le peuple à leur image : bon, généreux, énergique… c’en est presque émouvant – peut-être faut-il voir dans cette chimère une manière de narcissisme, un égocentrisme qui vous est propre, je ne sais pas, ce serait à creuser. Naturellement, si vous me donnez sept millions de gens comme vous, je vous fais une révolution dans la minute ! Ce qui est utopique, ce ne sont pas vos idées, ce ne sont pas vos projets : c’est la foi que vous avez dans le peuple, dans ce que peut le peuple comme vous dites, comme si le peuple n’était pas quelque chose de foncièrement passif, malléable, indécis… »

LE CONFORT EST UN DANGER LE BIEN-ÊTRE EST UN PIÈGE

Le confort est un danger. Le bien-être est un piège. Les facilités nous détruiront. Les chairs grasses, les idées grasses, et repues ne sont plus le privilège des bourgeois : nous sommes tous devenus des bourgeois. Toute fatigue économisée par le confort et la santé laisse en nous un surplus d’énergie qui ne sait plus où se défouler. Alors elle reflue sur elle-même cette énergie. Elle s’attaque à sa source, au corps lui-même pour l’amaigrir, pour le tonifier, le teindre ou le peindre, bref le modeler.

Vouloir simplifier nos relations au monde, nos relations aux autres, c’est la volonté du malade, de celui qui ne peut plus, qui abdique par sa force. Le Bouleuterion et Impact 13(voir lien) se battent pour la vitalité. Pour que nos forces vitales touchent au plus profond de leur beauté et que chacun puisse regarder sans peur les bolides tomber comme des rêves au cœur du monde.

Monsieur X (phrases reprises de A. Damasio)
Lausanne, le 9 juin 2011.


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