Seconde lettre à Obama. (Triptyque)

Hommage au 20e anniversaire du massacre de la place Tianan’men. Taiwan, le 19 octobre 2009.

Le sens de la démocratie.

Monsieur le Président.

Me permettez-vous, dans l’étonnement relatif à votre non-réponse à mon courrier de décembre 2008, d’émettre des perplexités en rapport au modèle démocratique et à sa coexistence avec un néolibéralisme qui a atteint les sphères politiques et directives. La communication - base de toutes décisions consensuelles – est bel et bien devenue un métier tout en réduisant l’expression-civile-considérée à des rituels d’une « mythologie-politique ». En outre cela confirme une certaine invisibilité sociale ; cette non-réponse suggère un nouveau totalitarisme. Monsieur le Président, je ne vous écris pas pour accuser la politique ou les différentes actions gouvernementales de cause à la situation actuelle, mais bien pour essayer de réfléchir avec vous à des propositions de réponses aux nombreuses problématiques que je vais soulever dans cette lettre.

Avant de débuter cette lettre par la définition anglaise de la « démocratie », je voudrais rappeler l’importance singulière et anticonformiste que je donne aux dites erreurs d’écriture. Qui sont, pour moi, une signature et des marques de ma singularité. Leurs présences sont essentielles à la bonne compréhension de mes propos et revendications.

« Democracy. Form of government in which sovereign power resides in the people as a whole, and is exercised either directly by them or by their elected representatives. » [1].

A elle seule, cette définition pose plusieurs questions liées à notre style de vie dans les sociétés contemporaines. En effet, je pense que l’utilisation de cette définition par les nations devrait être reconsidérée afin de redéfinir la politique effective dans un contexte actuel de sur-médiatisation de l’information et de glorification fanatique de l’image. Aussi, je voudrais rapprocher mon regard sur le comment du fonctionnement de cette démocratie dans nos pays. Ou plutôt, si vous le permettez, sur le comment la politique actuelle parvient à pratiquer son pouvoir, tout en nous laissant croire à une « participation du peuple ». Car, cela ne vous déplaise, j’ai la forte impression que cette définition utilisée par les nations modernes reflète plus une vieille idéologie validée, l’euphémisme d’une rationalité par les nouveaux rois que la réalité des vies en société. En effet, comment pouvons-nous parler de participation, de « responsabilité civile » lorsque ce même peuple qui devrait avoir un pouvoir est constamment bombardé d’informations moutonnières prônant le fun de l’ignorance ?!
Monsieur le Président, acceptez-vous le fait que votre élection et les politiques effectives en générales soient, aujourd’hui, plus le résultat d’une bonne stratégie de la manipulation de l’opinion publique que le choix réfléchi et raisonnable d’humains unis dans un dialogue, un « agir commun » ?

Ce n’est pas que je veuille signifier que vous ne soyez pas la bonne personne, je tiens juste à vous rappeler l’obsolescence de vos choix face au « pouvoir total » des multinationales. Encore une fois, comme je le soulignais déjà dans ma première lettre, votre rôle n’est d’être qu’une marionnette dans un grand théâtre, parlant à des pions semi-endormis attachés à leurs fauteuils de marques. Un « théâtre de la consommation » où le pouvoir n’est absolument pas partagé et où le mot démocratie n’est qu’un slogan rentable pour des compagnies privées profitant de l’intérêt du public pour un spectacle, qui ne se passe pourtant pas sur la scène. Rappelons ici que votre élection, ou plutôt votre campagne présidentielle, dépend amplement de l’argent de mécènes dont la politique n’est qu’un objet de soutien et de valorisation pour accroître puis mondialiser leur profit. On parle, ici, de spéculation monétaire sur des humains. Comme un produit on vous teste, on réalise des statistiques, on vous compare, puis on vous vend, exactement comme pour la nouvelle Ford. On ne s’étonnera pas de constater que peu après vos élections, vous puissiez mettre tant d’argent pour l’industrie automobile. Inutile de dire après cela, combien les pays qui valorisent une économie dite de la « connaissance » sont en fait, des grandes comédies, un théâtre pour enfants. Dont la raison est progressivement que le décor d’une dictature totalitaire résultant d’un long processus de rationalisation de l’humanité. La référence ici que je fais avec la rationalité pourrait faire, dans le futur, l’objet d’une nouvelle lettre, tellement cette problématique est essentiel pour comprendre le rôle des institutions publiques dites « rationnelles », à l’intérieur des systèmes du pouvoir.

Mais pour revenir à notre démocratie, ce modèle digne d’intérêt prônant la participation, je vous demande ce que vous pensez si j’osais le parralèle entre la démocratie effective des pays dits « développés » et la téléréalité ? Regardez cela de plus près, qui sont les stars, le public, les jurys de ces jeux? Ces acteurs ont-ils un quelconque pouvoir sur leurs réalités, ou ne sont-ils que les nouveaux spécimens d’une société qui a transformé l’idole en star ? Je suis très perplexe en rapport à la place et aux objectifs que tient la démocratie dans nos sociétés-spectacles. Mais peut-être que la démocratie cherche simplement la sécurité de ses producteurs dans une société qui préfère les beaux récits mythiques à un vrai modèle participatif. Mais a-t-on réellement donné le choix à l’humain ? Ou voulons-nous accepter que le dit « progrès » n’ait fait que servir les gagnants, ceux qui ont préféré le combat au dialogue ouvert. Il n’est pas surprenant, suite à cela, de voir que le modèle démocratique est une grande compétition. Un combat de paroles, de spéculations…

Monsieur le Président, je tiens, maintenant, à partager avec vous un document très intéressant qui représente bien mes propos. En annexe, je vous envoie la lettre de vote d’un référendum italien dit « populaire » qui s’est déroulé en juin dernier. Cette feuille représente bien concrètement ce qu’est la participation en Europe dans les Etats ayant la chance d’être dotés d’une démocratie semi-directe : une feuille hiérarchisée par sa disposition où les cases de notre réponse se limitent à un « OUI » ou à un « NON » de 5 centimètres chacune sous un embouteillage de phrases qui ne veulent absolument rien dire. Je vous traduis seulement le titre de ce référendum « populaire» : « Abrogation de la possibilité de lien entre listes et attribution d'une prime de majorité à une coalition de listes ». Un ami italien diplômé en sciences politiques a été, lui aussi, consterné de voir qu’il n’avait pas les outils nécessaires pour comprendre les enjeux et les implications concrètes d’une telle loi. Ma mère n’arrivait même pas à lire, tellement ces écrits étaient petits. Face à ce petit bout de papier de couleur, mon ami et moi confirmions l’absurdité effective de notre citoyenneté. Nous comprenions combien nous étions, malgré nous, entretenus dans une ignorance devenue normative face à un pouvoir qui simule un pseudo-socialisme. Je vous montre là, Monsieur le Président, un document italien en sachant bien que ce référendum signifie déjà une chance pour le peuple à croire à son expression. Cependant, ce référendum permet bien d’illustrer « la farce démocratique » qui assimile la petite croix mise sur un petit bout de papier à une appropriation faussée du pouvoir par le peuple. De plus, il permet de démontrer comment la démocratie est étrangère à la vie vécue, car si on accepte de ne pas être hypocrite, il n’est pas difficile de percevoir qu’un modèle basé sur la majorité ne peut que rester à un niveau général normatif.

Pour établir une liaison entre cet exemple européen de démocratie et celle de votre nation, je me rappelle qu’en 2004 pour les élections présidentielles, votre pays, si fier de sa démocratie, avait soumis à son peuple « le choix » entre deux personnes sortant de la même université. Vous avez bien compris où je veux en venir ; la démocratie effective se résume par la consommation hâtive d’un choix bipolaire mais pourtant, bel et bien, unique. Excusez-moi d’appeler cela, à son juste nom : le « néo-féodalisme ». Oui, indéniablement je me rends compte, que malgré vos beaux discours et ceux de vos « concurrents » des autres pays riches, nous nous dirigeons vers une société à deux vitesses, une société verticalement stratifiée et cela sous le slogan édulcoré de la mondialisation et d’un néolibéralisme unificateur. La définition des « savoirs » opéré par les hautes institutions et les législations d’immigrations toujours plus lourdes sont des extraits déjà visibles de cet objectif visant à la classification, et au contrôle centralisé. A ce rythme, il ne sera pas étonnant de voir apparaître dans quelques années une loi obligeant la puce intracorporelle. Car le véritable danger, Monsieur le Président, ne vient pas des « terroristes vivant dans les grottes » mais bien de nous, les « gens qui savent ».

Aussi, il n’est pas difficile de voir que nos sociétés roulent depuis déjà longtemps à l’envers en faisant, par exemple, de la force d’émancipation un signe d’appartenance, du libéralisme une prison décorée et de l’école une caserne pour la fabrication du consentement. Car, c’est sûr, pour entretenir une si grande inconscience du peuple, il faut former les jeunes à coups de valeurs abstraites de substitution. Pendant que les parents occupent leurs vies à gagner assez d’argent pour payer à leurs enfants la possibilité d’entrer dans l’inutilité, le non-sens et le vide d’un secteur tertiaire autodestructif. Et toute cette mascarade, entre autres, afin d’effacer la lutte des classes pour la remplacer par une standardisation à un modèle universel de médiocratie néolibérale. Mais n’était-ce pas cela que l’on nomme le « New World Order » ? Un plan visant l’uniformité et qui me rappelle, les récits dystopiques d’Huxley ou d’Orwell.

En cela, la démocratie effective actuelle que je nommerai plus volontairement, si cela ne vous dérange pas, une « médiocratie » suit parfaitement ce plan de surveillance. Elle exclut toutes singularités ou évolutions significatives, préférant à cela un conformisme majoritaire stagnant dans une société de la séduction. Des séductions qui sont, bel et bien, des ordres totalitaires agissant sur la raison. Je veux dire agissant à l’intérieur même de notre apprentissage identitaire et nous rendons « autre de nous-mêmes » dans une société de l’autre. Et cela, permettant, ainsi, aux pouvoirs d’agir sur une réalité dont on a perdu le sens, et les valeurs. Selon moi, Monsieur le Président, la démocratie soutient un pouvoir par la séduction et croyant chercher l’égalité ne trouve qu’un nivellement qui nous rend tous coupables de ses critères.

Mais concrètement, comment agit le gouvernement pour contrer ce tourbillon qui nous rend toujours plus lâches et victimes? Comment favorise-t-il la prise de position, la conscience civile, l’écoute aux cultures minoritaires, la responsabilité et l’indépendance chez l’humain ?

Si le gouvernement est si attaché à la démocratie et donc à la participation, pourquoi met-il tant d’importance à l’économie et donc inéluctablement au divertissement, à la compétitivité, à l’individualisme ?! Que pensez-vous si je dis que le gouvernement, dans sa disposition actuelle, ne fait qu’entretenir chez le peuple la dépendance et l’ignorance, tout en tenant, ainsi, sa place séparée et privilégière sur le peuple ?

Monsieur le Président, comment espérer un agir sérieux, de la conscience de l’humain lorsque vous consentez que votre parole passe par la même voie que les âneries que les médias imposent quotidiennement à l’humain en société ?! Des médias, qui de plus, sont dirigés par leurs taux d’audience ! Bien sûr, que l’humain préfère être confortablement assis devant des stupidités à rire, que debout actif et participatif. Mais cela, je vois que vous et les dirigeants des pays dits «développés» l’avez bien enregistrés et, en ce sens, votre médiocratie fonctionne à merveille. La machinerie est bien huilée et le monde du rêve, celui qui cultive le bonheur perpétuel est bien placé pour faire du monde diversifié un Time Square de clowns standards en cravate. Et cela en musique… C’est important !

Suite à cela, et en référence à tout cet argent que les pays riches mettent pour le développement des nouvelles technologiques, je souhaite vous demander : Pourquoi continuer dans cette voie, à chercher ce qui pourrait encore divertir les humains ? L’heure est elle aux nouvelles euphories hautes définitions ?! C’est sûr, on pourrait aller plus loin avec les technologies, les inventions… Il est certes plus facile de créer des slogans et des objets de toutes les couleurs que vraiment réfléchir le sens, les libertés, les échanges… Car oui, la démocratie effective est un modèle d’égoïsme et d’individualisme d’où le pouvoir n’est pas exercé par l’humain rendu automate, mais bien par les marques de ses objets fétiches. Et les référendums qui représentent un des piliers de la démocratie se retrouvent être des questions fermées et obsolètes qui nous demandent si l’on préfère recevoir des claques ou des poings !

A Taipei, lors d’un Symposium des Initiatives Globales organisé par les étudiants de l’Université Nationale de Taiwan pour débattre sur des questions telles que le terrorisme mondial, l’écologie, les nouvelles politiques, j’ai donné un discours intitulé « Look closer into the machinery of modern democracy », dont cette lettre est la synthèse. Ce symposium était, en fait, une compétition de dissertations portant sur des sujets sociopolitiques. C’est la première lettre que je vous ai envoyée qui a remporté le premier prix. Je mentionne cela, pour signifier l’intérêt que porte, de plus en plus, la jeunesse pour une humanité nouvelle. Car il n’est absolument pas difficile de ressentir la grande méprise dont souffre notre siècle de l’avoir. Moi-même, je ressens le poids d’une réalité, qui m’inflige le devoir d’entrer dans une case sociétale, lieu fermé de ma reconnaissance sociale. Monsieur le Président, je vous promets, l’unique outil qui manque à ces jeunes, dont je fais partie, est un élan, une proposition concrète, un lieu pour réfléchir à un monde futur qui propose à la jeunesse mieux que le choix de leurs cellules. Ensemble, je veux dire la jeune génération et celle de la maturité, nous pouvons réfléchir à un monde diversifié de recherches perpétuelles où le jeune humain aurait une place singulière et digne de sa vie. C’est aux générations précédentes d’ouvrir les portes à la jeunesse, et donner ainsi à la société la possibilité de respirer, de se renouveler.

Avant de venir à mes propositions, je voudrais faire ici une parenthèse nécessaire pour me positionner face à la pression de l’écologie et face à la proposition de développement durable. Pour dire que ce n’est pas la planète qu’il faut sauver aujourd’hui mais bien notre humanité ! Ce sont les questions sociales et anthropologiques qu’il faut absolument cibler avant d’imaginer penser à l’état de la planète. Car, en plus d’être hypocrite, cette préoccupation démontre notre volonté de puissance sur tout. Je veux dire, qu’aujourd’hui, l’écologie politique ne peut pas être détachée de l’idée de mondialisation et donc de pouvoir et d’impérialisme. Donc l’écologie ne doit non pas être une préoccupation globale, mais bien une responsabilité de conscience individuelle. Et ce n’est donc, surtout pas, par ces spots alarmants sur l’état de la planète que la vraie crise dont notre humanité souffre que cela sera réglé. Cela ne passera pas non plus par le redressement de l’économie qui, avouons-le, est à l’origine de ce chaos qui ne date pas de la prétendue crise.

En effet, Monsieur le Président, que pensez-vous si je dis que cette pseudo-crise soulignée continuellement par les oligarchies n’est en fait qu’une « bonne » stratégie organisée visant l’uniformisation à une valeur unique globale et contrôlée ? Car oui, il est facile de créer des problèmes pour ensuite envoyer un sauveur. On perpétue des cycles puis des siècles comme cela. Pensez-vous vraiment que cela soit le changement qu’attend votre peuple au XXIème siècle ? Acceptez-vous vraiment de devenir le symbole de notre impuissance face à l’objet ?

Suite à ma première lettre, je voudrais souligner l’importance d’un « changement radical progressif ». Ce qui suit, je veux dire mes propositions ne sont que des esquisses et doivent donc être considérées comme des sujets à dissertations plutôt que comme une position immuable. Il est claire, aussi, que je ne limite pas mes propositions qu’à la discussion mais bien à des « Praxis commune». En effet cette « LETTRE OUVERTE » est un appel au dialogue dépassant la dichotomie démocratique. C’est un modèle participatif et dialogique que je prône, car il est essentiel, selon moi, que l’humain qui a choisi, lui-même, de vivre en société prenne ses responsabilités. Et cela ne peut être séparé d’un engagement civil de sa part.

C’est cette nouvelle citoyenneté que l’éducation devrait maintenant se concentrer d’enseigner plutôt que le nivellement des connaissances à des normes. La politique devrait se placer non pas comme un cadre sociétale mais comme des potentialités de questionnements perpétuels sur les vies possibles en société. En ce sens, je suis pour un gouvernement proche de l’humain. Le respect des libertés singulières devrait devenir une des préoccupations d’une politique devenue « nouvelle philosophie sociale » dans un gouvernement transformé en un lieu ouvert de partages et de réflexions. Par ce terme de nouvelle philosophie sociale, je veux m’écarter de cet héritage philosophique qui vise à définir l’humain et « la société idéale ». Je souhaite m’éloigner de toutes théories normatives, j’entends par « nouvelle philosophie sociale » un élan vers ce que j’ai appelé, dans la première lettre : la « Haute conscience ». Terme déjà commenté dans la première lettre (en annexe), mais qui, pour ajouter ici, concerne l’acquisition d’une pensée complexe dépassant toutes les limitations d’une objectivité immuable et limitée. En ce sens, un concept comme celui de la « justice » demande à être repensé, et donc déconstruit. La justice n’est qu’un besoin essentiellement normatif ; elle ne sert qu’à la police dans un Etat tenu, maintenant, par le consommateur lui-même. Le consommateur est, comme cela, devenu en même temps : le juge, le coupable et le témoin dans une compétition fermée dont il est le surveillant.

Je soutiens une démocratie-directe, tout en étant conscient de son impossibilité effective face à l’énorme population actuel. C’est, en ce sens, que je propose que l’Etat-nation reconnaisse sa faiblesse, et réfléchisse avec son « peuple », je veux dire d’humains à humains à la stratification des territoires par « communes autonomes ». La démocratie directe et un vrai dialogue consensuel ne sont envisageables seulement dans la perspective de mini-société et non de grande nation. On peut parler là, d’Etat-multinational, de néo-fédéralisme. Mais avant cela, cette « Renaissance » sera durable que par la redéfinition des nécessités primaires de vie. En ce sens, l’agriculture, les valeurs familiales et les spiritualités pourraient devenir trois des noyaux du modèle pour des nouvelles organisations humaines. La reconsidération de l’éducation reste, selon moi, la priorité et l’outil nécessaire pour amener l’humain vers ces propositions d’ouvertures et d’évolutions.
Or je suis plus que conscient que ces propositions de « nouvelle organisation sociale », à l’heure actuelle, vous paraissent des utopies naïves face au pouvoir total des multinationales sur l’humain et ses diverses initiatives. Le chemin reste long et l’avènement d’une humanité telle, passera par l’établissement de plateformes de recherches sociales ancrées au sein des sociétés. Ma proposition est, dans un premier temps, que l’Etat crée un budget spécial pour ces recherches d’initiatives. J’espère grandement, en ce sens, que ce millénaire sera celui de la conscience commune et d’un agir collectif. Agir qui respecte un des plus beaux cadeaux de la nature : « la Diversité ». Mes propositions pourraient être plus longues et plus détaillées en vue de la grande partie que j’ai dédiée à la critique, mais vous comprendrez, que plus de détails me transformerait en dictateur ; c’est à l’humain, qui a choisi de vivre avec l’autre, d’organiser sa vie dans sa société.

Je réitère ma proposition développée dans la première lettre de «cellule-miroir» composé d’un comité de réflexions. Je reste convaincu par l’idée que la réalisation de la liberté individuelle ne puisse être séparée d’une praxis commune qui dépasse le seul produit de la coordination des intérêts particuliers. Et demande humblement à Monsieur le Président de voir cette proposition non plus comme uniquement destinée au gouvernement américain mais bien de manière généralisée à toutes institutions publiques dirigeantes.

Conscient que vous ne représentez pas le pouvoir absolu, je vous demande de partager les propos de cette lettre à votre vice-président et à chacun des représentants des départements exécutifs. Ainsi qu’aux dirigeants des autres pays. J’assume ma lettre et annonce dès à présent que je suis prêt à présenter ce projet au gouvernement. Je suis pour la communication, la table ronde.

Un homme seul ne peut rien faire et c’est avec tous les humains qu’il travaillera, en leur déclarant son « non-savoir » sur la réalité actuelle que le changement prendra forme.

Je terminerai cette lettre par la courte définition du dictionnaire du terme « totalitarian » :

« Of, pertaining to, regime which permits no rival loyalties or parties and arrogates to itself all rights including those to itself all rights including those normally belonging to
individuals.
» [2]

En ces termes et souhaitant vous avoir amené à une réflexion concrète, je vous remercie du temps et de la considération que vous avez accepté de donner à la lettre d’un jeune citoyen du monde. J’aurais encore tant à vous dire mais je m’arrête là et j’espère que vous reconnaissez en ces écrits une importance de premier rang ainsi qu’une déclaration d’honnêteté et un acte humble. En attendant une réponse de votre part, je reste à votre disposition et vous prie d’agréer, Monsieur le Président des Etats-Unis, mes salutations Humaines.

Change, we can believe in. Yes we can !

Luca V.Bagiella

[1] The New Oxford encyclopedic dictionary, Oxford University, Bay Books, 1983, p. 444.
[2] Ibid., p.1767.

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Envoyée en recommandé et traduite à :

The New President of the United-States
Barack OBAMA
The White House1600
Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20500