Le Capitalisme Fonctionne Sur Une Illusion


Le capitalisme fonctionne sur une illusion ; il a besoin du paraître, il a besoin d’un espoir de perfection qu’il cultive dans chacun de nous.
Plus que cela, le capitalisme est le résultat d’un processus de « dé-finition » des pluralités.
Dans l’espace public ces définitions conduisent à la comparaison, à la compétition.
Or, ne nous trompons pas, lorsque l’on se mesure à l’autre, on se mesure, en fait, au capitalisme, on lui fait la réplique.
Cela se passe exactement comme si les esclaves se mettaient en compétition pour être toujours plus performants face à leur maître.
Alors, comment cette soumission volontaire est-elle possible au XXIe siècle ? Mais tout simplement parce que ce maître tient dans ses bras un miroir.

Au demeurant, il y a une dynamique spéculaire propre au fonctionnement du capitalisme : d’une part, le capitalisme paie le salarié; d’autre part, le salarié rend la pareille en consommant le capitalisme. A ce propos, nous pourrions mentionner cette citation :

- «Le désir d’enrichissement illimité est donc maintenant le désir d’accumulation illimitée de pouvoir d’achat et il est lui-même le résultat de cette "illusion". Or cette illusion est heureuse : "Il est heureux que la nature nous en impose, pour ainsi dire, à cet égard ; l’illusion qu’elle nous donne excite l’industrieuse activité des hommes, et les tient dans un mouvement continuel. C’est cette illusion qui leur fait cultiver la terre de tant de manières diverses, bâtir des maisons au lieu de cabanes, fonder des villes immenses, inventer et perfectionner les sciences et les arts, qui élèvent et charment l’existence. C’est cette illusion, surtout, qui a entièrement changé la face du globe." »
Daniel Diatkine in Adam Smith, Richesse des nations.


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