Critique d'art

Lausanne, mai 2009.

Regardez comme les pommes sont parfaites et identiques !

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Suite à mon expérience New Yorkaise j’aimerais aujourd’hui baser ma présentation ou comme je l’ai nommé mon entrevue sur la question : Comment "faire de l’art" sans être de par l’objet dans une glorification et donc dans le même langage de la société de consommation, le système objectale ? Comment faire de l’art sans être dans un système qui, ne nous bandons pas les yeux est celui d’un système capitaliste haute catégorie. Ce que je veux dire par système capitalisme et j’utiliserai ici, la définition de Max Weber : c’est un système qui repose sur l'espoir d'un profit de capitale. Certes l’artiste crée plus par besoin de communication de sa créativité que par idée de profit. Mais aujourd’hui je pose la question : qu’est ce qui est plus prédominant ? Il faut bien l’accepter le système de valeur dans lequel on présente notre travail utilise le même système de valeur que celui qui défini le prix de la dernière Citroën ! Ce que je veux dire c’est que le représentant de Citroën convaincu de la valeur de son objet est très proche du galeriste d’art qui vend le travail d’un artiste. Nous aussi artistes essayons comme le représentant de faire une place à notre objet. Car nous savons très bien, si nous acceptons d’ouvrir les yeux que le plus gros travail n’est pas celui de créer un objet mais bien celui de la visibilité, celui de trouver l’acheteur. Car oui, il nous faut vivre dans cette société.

Je résume : l’artiste crée un objet : une peinture, sculpture, vidéo… Puis vient le moment de la recherche pour son objet d’un lieu d’exposition : galerie, musée… L’objectif maintenant c’est de vendre par différente méthode cet objet. La question qui me vient là c’est dans quel mesure est ce que ce système interne à celui du « monde de l’art » n’est t’il pas identique à n’importe quel autre système objectale ? Sommes-nous conscient que par une pseudo-singularité nous ne faisons que répéter un modèle commun, un stéréotype ? L’art d’aujourd’hui n’est t’il pas un déni d’une société qui a perdu tout sens des relations humaines, une société qui a remplacer la liberté par la dépendance ? L’art n’est t’il pas en train d’essayer de se débattre avec un mythe dans une société qui est déjà son propre mythe ? Car il faut l’accepter l’artiste d’aujourd’hui n’a que les anciens mouchoirs pour s’essuyer les yeux. Que signifie créer des objets aujourd’hui lorsque l’art de part lui-même a complètement démystifié sa propre pratique ? Car je pose la question : quelle est la place de l’artiste aujourd’hui qui refuse de solder son travail à un système commun de valeur, celui de l’argent ? Faire de l’art aujourd’hui ne signifie pas d’une certaine manière un refus de conscience vis-à-vis du contexte qu’est le notre. Dans son livre la Société de Consommation ou dans Le complot de l’art Jean Baudrillard situe déjà en 1970 l’art en égal à n’importe quel autre produit de consommation de consommation de luxe. Il compare l’art aux objets illuminés dans les vitrines. Dans ce cas là, pourquoi ne pas introduire dans cette école des cours de commerce ? Après une telle affirmation, je demande pourquoi ne pas ouvrir au lieu d’une école d’art une usine d’art…

Mais peut être est-ce déjà le cas ? Sommes-nous déjà les représentants décevants d’un pseudo vieux mythe de l’art ?

Jusque là et vous en conviendrez je ne fais que souligner des évidences, je répète des faits que la plupart d’entre nous connaisse et expérimente journellement. Mais pour moi il est important de le re-souligner de remettre à l’heure du jour ces problématiques, car oui c’est des problèmes en tous les cas pour moi, qui ne peut pas ne pas être résolu. Je pense que l’humain doit réapprendre à découvrir ce qui se trouve en face de lui.

Je continue : Comment pouvons-nous toujours soutenir l’idée d’un diplôme d’art ? Que signifie le mot « Art » dans ce diplôme ? Ce qui est sure c’est qu’il ne fait plus référence à l’idéologie passée de l’artiste. Donc je pose la question que signifie « Art » ? Objet peut être, donc "art-iste" pourrait être traduit par "object-iste" lui-même objectivé par son statut ? De quelle valeur l’institution en tant que formatrice de statut sociale se veut la porte parole ? Sommes nous pas là en face à une grande contradiction et à une hypocrisie ? D’un coté : on soutient la singularité et de l’autre en se permet de juger selon des critères de gout la valeur d’une création singulière ? Critères qui ne peuvent être qu’un nivellement à des conventions normatives. Mais où mènent ces critères dont se base l’institution pour juger la réussite ou l’échec au statut d’"artiste" ? Car réellement que propose aujourd’hui l’institution artistique à part l’enseignement ? Dont, je dirais, la plupart des étudiants réaliste se préparent. Ne sommes-nous pas là face à une énorme hypocrisie de la part de l’institution et d’une inconscience consommées de la part des étudiants face à la réalité du marché ?

L’art selon moi, est assis sur deux chaises, sur un paradoxe. Paradoxe dont on a conscience entre : valeur réel je veux dire l’argent celui qui nous fait aujourd’hui vivre et valeur d’idéal celui hors de toute rationalité celui qui se bat secrètement contre le premier afin de donner de l’humanité aux relations. Ce paradoxe est un contraire qu’il faut admettre comme telle. On ne peut pas d’un coté juger un objet en tant que fonctionnel, je veux dire rentable entrant dans un cadre que l’institution a nommé : Art. Et de l’autre demandez aux étudiant de créer du singulier, du spéciale. En rapport à cela, j’entends souvent comme critique face à l’objet d’art des phrases comme : « ça marche » ! Mais je demanderai « ça marche » quoi ?! C’est rentable ou différent ? Je ne signifie pas la que l’on puisse être les deux peut être même que cela est le but de l’art aujourd’hui.

Je ne veux pas être pessimiste ou provocateur par ces propos et part mon choix de table ronde d’absence de nouveau objet j’appelle à la réflexion, au dialogue, à l’échanges. Car je n’ai pas toutes les réponses aux questions que je pose. Mon travail durant cet échange à New York s’est basé sur l’observation de situations que l’on appel aussi par abdication : réalité. Avec ces situations mon objective n’est pas de porter un jugement ou de faire une leçon de morale mais bien de réfléchir avec vous sur une certaine réalité qui est pour le moment celle qui définit le contexte de vie de chacun de nous. Je me place en effet face à ces situations, comme vous, mes auditeurs en simple témoin d’une quotidienneté. Je souhaite par ces situations envisager avec vous la possibilité d'une existence autre.

J’aimerais revenir ici, sur les deux performances que j’ai faite dont j’ai été jugé relativement négativement pour dire ma complète incompréhension et mon non-accord sur une échelle de valeur institutionnel se permettant de considérer l’art singulier comme objet fini pouvant être jugé comme valeur objective selon un clivage ridicule : crédit/non-crédit. Ou "remédiation" (mot qui a une définition très significative). Je parle aux jurys : Sommes-nous pas là face à des critères subjectifs visant à un nivellement normatif ? Je considère quant à moi ces deux performances en tant que processus d’apprentissage nécessaire et complètement inhérent au développement de mon propre langage. En rapport à votre statut de jury je vous pose la question : Est-ce bien votre génération qui dans les années 1970 parlait de « Flower power » de « Baba cool » ? Est-ce votre génération qui en Mai 1968 criait à la libération des critères de jugement, à la libération des anciens dogmes ? Est-ce votre génération qui à Woodstock se levait lorsque la musique des Pink Floyd : We don’t need no education résonnait! Comment se fait t’il mesdames, messieurs que aujourd’hui vous êtes les nouveaux teneurs de normes que 30 ans auparavant vous combattiez ardemment ? Oui comment expliquez-vous cela ? Comment voyez vous cela aujourd’hui, avez-vous oubliez ?! Etes vous résignez face à la pression de vos juges à laissez vos idées être l’objet d’une mode passagère. Je ne veux aucunement signifier que je sois contre l’éducation, ce que je s’essaie de comprendre c’est comment l’humain a pu lui-même méprisé ses propres valeurs pour des valeurs de convention. Selon moi l’éducation devrait être un lieu-forum d’où l’humain responsable et conscient selon ses propre termes devrait pouvoir trouver les outils lui permettant d’accomplir se qu’il pense être à ce moment sa voie. Car aujourd’hui les institutions éducative et cela dès le plus jeune âge élève l’adulte, par des jugements à être l’identique de l’autre donc a être dépendant de ce « jugement-autre ».

J’aimerai maintenant, faire une relation de nos jurys avec les jurys que l’on voit sur M6, ceux qui juge les musiques dans des émissions comme Star-Academie. Je pose la question : ici à Genève les critiques que vous donnez ont t’elles plus un objectif constructif. donc on pourrait dire à la place de jury que c’est des professeurs désireux de l’évolution de son élève ou sommes nous au contraire comme sur M6 face à des jurys qui s’applique à tenir leurs rôles. Face à des jurys qui sont en compétition face à d’autres jurys. Face à un jury qui lance des propos pour paraître supérieur à l’autre jury?

Permettez-moi maintenant de vous faire part de la lettre que j’ai écrite au nouveau président des Etats-Unis dans laquelle j’appelle à la reconsidération globale à travers un questionnement. Mon discours aussi paraît être comme la lettre : une reconsidération globale, une remise en question mais cela j’en suis sure est une nécessité. Car pour moi, avant d’imaginer re-"faire de l’art" l’artiste, l’humain doit reposer les questions des relations humaines cela avant d’imaginer les relations d’objets.

Pour revenir à la question institutionnel permettez-moi de rappeler que des intellectuels de renommée fréquemment citer par nos enseignants dénoncent clairement l’absurdité d’un système de jugement donc les accords de nivellement que nous avons acceptez de Bologne. Je citerai notamment Edgar Morin qui dans son livre Introduction à la pensée complexe parle du système universitaire de « haute crétinisation » cela pour la distinguer de la basse crétinisation apportée par les média ou encore lorsqu’il définit la méthodologie comme un obscurantisme. Baudrillard aussi qui sans cesse dénonce cette objectivation en critiquant notre incapacité foncière à envisager la possibilité d'une existence autre, différente de notre monde occidental. Marcuse écrivant tout un livre sur l’unidimensionnalité. Chomsky qui lui encore plus violement crie à l’automatisation et à son consentement. Les exemples sont long je veux encore citer une énorme inspiration qu’a été le workshop que j’ai eu ici avec madame Irit Rogoff qui parle justement de participation, de changement dans les rapports entre art et observateur. Sans citer encore la grande influence quant eux les cours de madame Queloz sur les « Cultural Studies ».

Comment au 21ème siècle pouvant nous encore fonder nos institutions sur des lois uniformes et donc négliger les discours dont les institutions basent leurs cours. Je souhaite par ce discours amener à la réflexion qui pour moi est une des raisons de l’art. Il est en effet essentiel de repenser la relation art/système afin de libérer les concepts.

Aujourd’hui, j’ai choisi de faire mon « art » avec vous autour d’une table ronde. Et l’absence d’objet ne représente pas une négligence ou un manque d’inspiration mais bien un choix. Tous ce que j’ai dis fait référence à une perplexité que j’ai face à l’héritage que je reçois et dont chaque jours j’ai plus de pression. Tous ce que j’ai dit est pour la plupart d’entre vous des évidences et aujourd’hui pour ces personnes je n’ai fait que répéter vulgairement des réalités. En effet, les personnes de la génération précédente verront surement en ces propos un discours naïf, répétitif ou provocateur d’un jeune de 25 ans qui n’a pas encore connu la "vrai vie", les sacrifices qu’elle implique et qui se permet de faire la leçon aux autres. Je voudrais répondre dès maintenant à ces personnes que je me considère aussi comme victime et coupable de ce que je souligne. Ma proposition aujourd’hui se trouve là : je veux discutez avec vous d’un héritage que vous avez, peut être aussi reçu sans que l’on vous demande si vous étiez d’accord. Un héritage qui bientôt sera mien, un héritage dont je devrai répondre et surtout défendre lorsque mon enfant me demandera de lui expliquez les raisons de cette réalité. Comme par exemple lorsqu’il me demandera pourquoi il doit gagner de l’argent pour vivre. C’est bien parce que je n’ai pas de réponse face à cette réalité que je me permets aujourd’hui de baser mon art et je me le promets je n’arrêterai pas de répéter face à l’absurdité d’une rationalité sans fond cette déficience fondamentale à tout système de pouvoir.

Luca


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