Première lettre à Obama (Triptyque)

De New York, le 18 décembre 2008.

Appel de reconsidération globale.

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Monsieur le Président.

Tout d’abord je voudrais vous présenter mes félicitations pour votre élection. Je me présente rapidement : citoyen suisse, citoyen du monde de 25 ans en dernière année de formation à l’université d’Arts-Visuels de Genève. Je concentre mon travail sur des réflexions visant à penser le contexte politico-sociologique et son impact causal dans le développement d’un "être en devenir". En parallèle à ce travail j’ai commencé la rédaction de mon premier livre déjà intitulé : « Le Narcissisme Critique », sous-titré : Essai de reconsidération traitant notamment d’une prise de conscience critique vis-à-vis des schémas de vie préétablis et uniformisés qu’impliquent par sa nature un système unique de valeur et de nomination. Cette étude commençant par une autocritique m’a vite mené à une reconsidération de ce qui fait ce que je suis dans un contexte, une société. Société structurée laissant à l’individu que le choix d’une case, d’un rôle défini par une hiérarchie objectale fermée. Ce rôle « choisi » deviendra pour le sujet narcissique normal sa nouvelle identité. Ne sachant plus distancier « identité de rôle » et « individualité propre » le sujet influencé et jugé par « le contexte-autre » deviendra la simple définition de son image limitée. Devenant complètement et profondément dépendant à son « identité-autre ».

Le but de ce livre étant une prise de conscience et une distanciation de cette dualité sociétale par l’individu. Ainsi qu’une ouverture, à travers une reconsidération, de tous concepts, théories, rationalités fermées. En rendant à tous ces jugements, des valeurs d’objets externes donc des valeurs relatives et subjectives. La reconsidération des bases du système éducatif sera une des priorités de mon livre. Car l’enfant doit, selon moi, prioritairement développer sa vision critique et sa conscience plus que le nivellement de son « intelligence » à des critères normatifs. L’humain doit se réapproprier sa réalité d’être particulier et reconnaître ses propres capacités à faire de sa vie, par l’apprentissage individuel de ses erreurs la raison de sa présence sur terre.

Avant d’aller dans le vif du sujet je tiens à dire que cette lettre est par choix, par refus d’un nivellement à des conventions et par conviction à la signature personnelle : Non-corrigée. Il est important de considérer ma non-appartenance à aucun groupe ou autres organisations d’aucun genre. Cela est vraiment un discours d’humain à humain, une revendication indépendante faisant appel à votre bon sens, votre conscience et à votre intuition.

Convaincu de l’importance et de l’influence de votre pays, je vous envoie aujourd’hui cette lettre car je veux vous faire part de ma grande perplexité face à la confiance et à la toute-puissance que donne l’être humain, malgré lui, au système social instauré, en y voyant sa seule possibilité de vie. Cette lettre ne concerne pas la reconsidération de vos choix ou votre position politique mais bien le système qui vous a mené à devoir faire ce choix.

Ce système de base mondiale est trop simpliste et ne correspond plus à la complexité de l’être nouveau. Qui par le progrès des connaissances, son expérience de l’objet et son héritage historique est plus ou moins conscient de participer malgré lui à une euphorie d’image, à un rôle de système, à un mensonge. Aussi le fait que ce système soit établi par tant de rationalité bloque l’évolution naturelle de l’humain. En effet, l’omniprésence d’un tel système ne lui permet pas d’être autonome et d’évoluer vers une « Haute Conscience ». Ce que je signifie par ce terme est un réveil de conscience individuelle permettant à l’être de vivre en harmonie avec ce qu’il est, reconnaissant sa valeur d’indépendance, sa valeur singulière, sa vie en devenir.

Le terme « système » est, pour lui donner une définition, l’évolution d’un mode de pensée mené à l’extrême considérant toute chose vivante et morte selon un jugement de valeur jugé supérieur se permettant de rationaliser en une unité toutes les complexités d’une réalité. Amenant l’individu à devoir penser en termes de conventions et de normes. Mon non-accord se trouve dans le fait que ce système rationalise, dirige, conditionne et uniformise tout développement d’idées en utilisant comme moyen de dessuassions des valeurs humaines détournées. Ce détournement est traduit par l’utilisation des émotions humaines et est destiné à conduire l’humain à une identification. Ce phénomène est omniprésent dans les mass-médias. Cette situation est grave car l’être humain progresse vers sa propre objectivation, l’amenant à devoir, en tant que modèle pour l’autre, simuler sa « pseudo-vie ».

L’être humain est en perpétuelle construction, recherche. Je ne pense pas que l’on puisse définir l’humain par un terme général. Il est en lui-même multiple, complexe, c’est une unité, des valeurs, des capacités, des possibilités, c’est un vivant en perpétuelle contradiction… Je m’arrête là et demande : Un « système rationnel » peut-il prendre en compte tout cela ? Peut-on accepter, si système est, de solder l’être humain à une rationalité unique ? Rationalité servant surtout à définir ses composants afin de tenir la masse dans un contexte défini. Cette rationalité fondée sur des évidences d’image, bloque à l’humain la possibilité de prendre conscience d’autres réalités. Mais, que répond le système à l’humain différent, à l’humain refusant de jouer, à l’humain non-aligné conscient de ses valeurs ? Quelle voie lui propose-t-il ? Pour moi, la plus grande valeur de l’humain se trouve dans ses actes hors normes, hors conventions, dans ses « actes gratuits » et indépendants.

Monsieur le Président, il n’est pas difficile de voir aujourd’hui que les valeurs sur lesquels nous construisons nos vies sont des valeurs de remplacement. Ces valeurs étant artificielles, elles ont perpétuellement besoin qu’on les renouvelle, à l’image de ces lacs artificiels qui sans renouvellement de l’eau : pourrissent. Les humains et surtout la jeune génération ayant un minimum de conscience et encore pas trop aise de leurs vanités et de leurs richesses d’objet, se rendent compte de la situation absurde sur laquelle ils doivent fonder leurs propres mythes. Se résignant très souvent à voir leurs réalités comme seule possibilité à leurs vies.

La situation actuelle est destinée à mourir car l’humain ne trouvant plus de nouvelles choses pour recycler le cycle d’euphorie et voyant que toute sa valeur se trouve dans des objets l’amèneront à perdre tout sens de vie et à participer, par abdication, à sa propre mort.

Cette auto destruction ou résignation est très présente chez la jeune génération qui ne trouve plus de valeurs au travail, à la vie et qui les mènent à vivre dans un rêve universel en se pliant sur eux-mêmes dans une « pseudo-individualité ». L’euphorie liée au statut quo d’étudiant les sauvegardes encore et leur fait imaginer leurs places dans une société déjà saturée et sans sens.

Aujourd’hui, je vous propose, Monsieur le Président : la création au sein du gouvernement des Etats-Unis d’une « cellule miroir » formé d’un « comité de réflexion » visant à redonner progressivement à l’humain la possibilité de ses choix. Ma proposition de comité ou cellule ne représentera pas l’image d’une nouvelle démarche politique destiné à promouvoir un certain parti mais bien afin de donner à l’être la possibilité de penser à des nouvelles ouvertures. Ce seront des ouvertures de conscience face à un système de manipulation rationalisé notamment par des mauvaises interprétations de la psychanalyse, les relations humain/objet, humain/humain. Dirigeant l’humain à remplacer l’"Etre" par l’"avoir", la "nécessité", par le "désir". Cela le transformant en un « automate du bonheur » docile et aveugle dans une apathie du consentement.

Les premières réflexions de ce comité viseront la compréhension de la complexité du fonctionnement de son contexte : le gouvernement. Ainsi je tiens à répondre, dès maintenant, à la naïveté que pourrait faire imaginer une telle proposition de nouveauté face à la vanité de l’humain qui ayant intégré le système capitaliste, est affamé de pouvoir, d’argent et de popularité. Et qui verrait en ces propositions une idée concurrente, d’orgueil ou adversaire, que ma lettre n’a pas l’objective d’amener. Par ailleurs, Le comité n’admettra, en effet, aucune situation de rang ou de tension de valeurs. Les personnes qui feront partie de ce groupe seront, pour qu’ils puissent vivre, rétribuées au minimum et leurs engagements seront complètement ponctuel et de conviction. Cette absence de rétribution pyramidale et de tension capitaliste fera de ce comité une plateforme d’expérimentation. Les propositions sortantes seront authentiques et surtout non-aliénées à des normes de systèmes. Ces propositions seront présentées en tant qu’étude n’apportant pas des solutions, mais des reconsidérations visant à des « désystémation ». Ce comité visera « une simplicité volontaire » d’où l’humain réfléchira librement à des propositions. Je suis certain que les propositions sortantes auront un grand impact, par leurs vérités sur les humains du monde. Ce sera l’expérience d’une nouvelle sorte de relation amenée par la non-aliénation des rôles hiérarchiques sociétaux qui influence actuellement grandement même dans les relations les plus simples. Les rôles sont en effet trop marqués.

Je suis sûr de la popularité qu’une telle idée de "gratuité" d’acte amènera, chez les gens humble et conscient de la société de simulation post- spectaculaire, un vrai défi.

Mais que répond cet empire de la simulation, du spectacle à la réalité de la vieillesse et de la mort de ses objets ? En effet, Monsieur le Président, je vous laisse réfléchir sur cette question des plus dérangeantes. Oui, que signifie la retraite ? Pourquoi avons-nous décidé que l’humain devait arrêter de travailler ? Quelle est la place et la valeur de la personne qui ne travaille pas dans la société actuelle ? Comment vos enfants réagiront lorsque leurs euphories passées, ils verront que tout ce qu’ils ont n’est rien ? Car en effet qu’est ce un objet sinon une valeur reproductible à l’infini ?

C’est une certitude la question de la mort est plus taboue que n’importe autre. Elle pose en effet un gros problème dans une société basée sur une valeur « morte » : l’économie.

Je ne veux pas être pessimiste et cette lettre est un appel à la réflexion commune, car il n’est pas difficile de voir que la société actuelle est inerte et tourne en rond ne sachant pas comment se libérer de l’héritage des mythes passés. Et aussi peut être de ses culpabilités historiques.

Conscient que je ne suis pas le premier à soulever les problématiques du système, je rappelle que depuis le début de l’ère consommatoire : des artistes, intellectuels, personnalités ainsi que des mouvements et des groupes ont dénoncés plusieurs de ces défaillances. Ils ont réussi à amener des évolutions, mais souvent leurs idées ont été avalées par les rouages du système. Se sont t’ils satisfaits trop vite par des solutions minimes temporaires ? N’ont t’ils pas trouvé les bons mots ou les bonnes personnes à qui transmettre leurs messages ? N’ont t’ils pas été écoutés ou considérés ? Y a-t-il eu une objectivation de leurs idées ? Les a-t-on emprisonnés en leurs imposant le silence ? Ou ont-ils été tués avant de pouvoir commencer leurs grands projets ?!

A la School of Visual-Art de New York jusqu’en janvier 2009 en tant qu’international exchange student. J’ai choisi cette destination car je pense être ici dans l’un des sièges de la pensée internationale. Votre pays est un des pays les plus influents, surtout depuis l'issue de la seconde guerre mondiale. Votre « pensée unidimensionnelle » a amené une rationalité dans cette Europe en pleines crises d’idées. Vous étiez le modèle de réussite, de modernité, un lieu de rêve dans un système capitaliste naissant. Vous avez fait de l’objet, de l’idole et du capitalisme votre culture et une identité nationale. Votre guerre contre le communisme et, à l’heure actuelle, les différentes actions de la politique de votre prédécesseur montre à quel point votre nation a imposé ses idées. Prouvant ainsi la grande force de conviction et d’intimidation de votre stratégie impérialiste. Ces actions montrent l’exemple et l’image que vous voulez montrer aux autres pays. Cela résume pourquoi je pense que c’est à votre pays d’amener à l’évolution. C’est à votre pays de dire au monde que vous êtes prêt à repenser la société. Le monde attend votre prise de conscience !

J’espère que vous avez compris que mes propos ne sont pas tant des contres mais plutôt un appel au progrès d’un jeune de la génération des années 80. Cette évolution dont je parle représentera un changement qui n’aurait pas pu se faire auparavant car il nous fallait avant de passer à la marche supérieure l’expérience de l’objet. Le 20ème siècle à été très riche en évolution dans toutes les catégories et le capitalisme est né d’une évolution nécessaire. Maintenant le 21ème siècle appel officiellement par cette lettre et sa proposition à une démarche d’échanges, de communication et de vérité. Démarche qui se fera par l’humain pour l’humain. L’être nouveau comprendra sa singularité et intégrera son devoir lorsque les cartes tournées vers lui, lui signifieront qu’il est la substance de sa vie et que tout dépend de lui. La vie deviendra alors une recherche identitaire, elle prendra un sens personnel pour chacun d’entre nous, selon ses propres idéaux et sans aucune catégorisation. Remettons la Question de « l’Etre » et de la « Liberté » au centre du dialogue. Au centre de « l’Existence ».

En espérant que votre conscience humaine soit plus grande que votre vanité d’objet. Et que vous serez le Président de ce vrai progrès. J’espère que vous reconnaîtrez ici plus qu’une simple lettre, mais une conviction profonde.

A l’aube de ce nouveau millénaire je vous laisse imaginer, Monsieur le Président, à un futur que j’espère proche, où l’humain intègre regardera son passé hébété de voir que l’on ait pu réduire, si longtemps l’humain à un système de dénomination commun.

Il essayera lui aussi de comprendre comment des générations entières ont pu trouver un sens à leurs vies à être les pions, les pantins d’un jeu sur lequel ils n’avaient qu’à avancer sur les cases prédéfinies tout contents de recevoir pour leurs participations et leur respect des règles du jeu des petits morceaux de papiers. Papiers qui ont pour effigies les visages des hommes qui ont permis à définir leur propre conditionnement. Le but du jeu étant d’avoir le plus de petit papier afin de pouvoir s’acheter le travail d’un autre petit pion concentré à imaginer quel objet éphémère il pourra s’acheter. Il s’étonnera de voir comment ces petits pions excités de leurs participations au jeu regardaient avec intention la petite boite animée appelé « Télévision » qui leurs expliquait la signification de la démocratie !

A ce stade de la lettre, j’aimerais revenir à votre élection car c’est une situation réelle et vécue qui représente bien à quel point une grande mascarade spectaculaire, artificielle et absurde à pu s’imprégner en tant qu’institution dirigeante sur la réalité.

En effet, honnêtement : Que pensez-vous de ce peuple qui répondant à votre élection accepte et cautionne sa propre manipulation et la votre ? Vous êtes conscient de cela et comme moi vous, vous étonné de voir que de tels jeux puissent arriver à un résultat aussi réel. Monsieur le Président, avec le respect que je porte à vous et à la culture américaine, permettez moi de vous dire que vous êtes autant manipulé que le peuple qui vous vote ! Pouvez-vous acceptez cela, pouvez-vous en tant qu’être humain libre accepter une telle objectivation et utilisation de votre humanité ?! Ne pensez-vous pas que votre choix d’un camp (républicains/démocrates) soit la preuve d’un système simpliste dans lequel on a classé des idées d’être humains en opposés lorsque l’on sait pertinemment que l’humain est par nature contradictoire et en évolution perpétuelle?

Aussi conscient que vous ne représentez pas le pouvoir absolu je vous demande de partager les propos de cette lettre à votre vice-président et à chacun des représentants des départements exécutifs. J’assume ma lettre et vous annonce dès à présent que je suis prêt à présenter ce projet au gouvernement. Je suis pour la communication, la table ronde. Un homme seul ne peut rien faire et c’est avec tous les humains qu’il travaillera, en leur déclarant son « non-savoir » sur la réalité actuelle que le changement prendra forme.

Cette lettre n’a pas l’objectif illusoire pour le moment de changer le monde mais bien de lui donner les possibilités de penser le changement, l’évolution !

En ces termes et souhaitant vous avoir amené à une réflexion concrète, je vous remercie du temps et de la considération que vous avez accepté de donner à la lettre d’un jeune citoyen du monde. J’aurais encore tant à vous dire mais je m’arrête là et j’espère que vous reconnaissez en ces écrits une importance de premier rang ainsi qu’une déclaration d’honnêteté et un acte humble.

En attendant une réponse de votre part, je reste à votre disposition et vous prie d’agréer, Monsieur le nouveau Président des Etats Unis, mes salutations Humaines.

Change, we can believe in. Yes we can !

Luca V.Bagiella

Envoyée en recommandé et traduite à :

The New President of the United-States
Barack OBAMA
The White House1600
Pennsylvania Avenue NW
Washington, DC 20500